S’il ne fallait retenir qu’une chose de cette année pour un vendeur, ce serait celle-là : depuis le 1er janvier 2026, un logement chauffé à l’électricité peut gagner une à deux classes de DPE sans qu’on ait touché à un seul radiateur. C’est le premier réflexe qu’on conseille désormais, avant même de sortir l’appareil photo ou de ranger le garage.
Bien préparer une vente tient en cinq chantiers menés dans le bon ordre : refaire le DPE si le vôtre date d’avant 2026, constituer le dossier de diagnostic technique complet, fixer un prix appuyé sur des ventes réelles, préparer le bien pour les visites, puis tenir le calendrier entre le compromis et l’acte. L’ordre compte autant que le contenu : un prix fixé avant d’avoir le DPE à jour se révise presque toujours à la baisse.
Le calendrier 2026 en quatre points
- Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9 dans le calcul du DPE depuis le 1er janvier 2026, en application de l’arrêté du 13 août 2025.
- Environ 850 000 logements sortent du statut de passoire énergétique grâce à ce seul changement de méthode, sans travaux.
- L’audit énergétique reste obligatoire pour vendre une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété classé E, F ou G. Les appartements en copropriété ne sont pas concernés.
- L’acquéreur non professionnel dispose de dix jours de rétractation après notification du compromis, sans justification ni pénalité.
- 1 Étape 1 : vérifier la date de votre DPE avant tout le reste
- 2 Étape 2 : constituer le dossier de diagnostic technique
- 3 Étape 3 : fixer un prix qui tient face aux offres
- 4 Étape 4 : préparer le logement pour les visites
- 5 Étape 5 : tenir le calendrier entre le compromis et l’acte
- 6 Ce qu’on nous demande le plus souvent
Étape 1 : vérifier la date de votre DPE avant tout le reste
Le diagnostic de performance énergétique est valable dix ans, mais sa méthode de calcul a changé au 1er janvier 2026. L’arrêté du 13 août 2025 a abaissé le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire de 2,3 à 1,9, pour s’aligner sur la valeur européenne et mieux refléter un mix électrique largement décarboné.
Conséquence directe pour un vendeur : tout DPE établi à partir du 1er janvier 2026 intègre automatiquement ce nouveau coefficient. Un logement chauffé à l’électricité peut y gagner une à deux classes, et selon les chiffres du ministère de la Transition écologique, environ 850 000 logements quittent la catégorie des passoires énergétiques par ce seul effet de méthode. Aucun logement ne peut voir son étiquette se dégrader avec la nouvelle règle.
Si votre DPE date de 2022, 2023 ou 2024 et que vous vous chauffez à l’électricité, le refaire coûte quelques centaines d’euros et peut vous faire passer de F à E, donc vous dispenser d’un audit énergétique et rendre le bien éligible à des acheteurs qui l’auraient écarté d’office. C’est le meilleur rapport entre le coût et l’effet que nous connaissions actuellement sur une vente.
Étape 2 : constituer le dossier de diagnostic technique
Le dossier de diagnostic technique, ou DDT, doit être remis à l’acquéreur au plus tard à la signature de la promesse de vente. Il regroupe jusqu’à dix documents selon l’âge, la localisation et les équipements du logement. Anticiper leur commande évite de retarder un compromis de trois semaines pour un termite manquant.
| Diagnostic | Quand il est exigé | Durée de validité |
|---|---|---|
| DPE | Tous les logements | 10 ans |
| Audit énergétique | Maison ou immeuble en monopropriété classé E, F ou G | 5 ans |
| Amiante | Permis de construire antérieur au 1er juillet 1997 | Illimitée si absence, 3 ans si présence |
| Plomb | Construction antérieure au 1er janvier 1949 | Illimitée si absence, 1 an si présence |
| Électricité et gaz | Installation de plus de 15 ans | 3 ans |
| Termites et état des risques | Zones concernées par arrêté préfectoral | 6 mois |
| Loi Carrez | Lot de copropriété | Illimitée sans modification du lot |
Les deux pièges classiques : l’état des risques et le diagnostic termites, valables six mois seulement, qu’on commande trop tôt et qu’il faut refaire, et les DPE réalisés entre 2018 et juin 2021 selon l’ancienne méthode, tous périmés depuis le 1er janvier 2025.
Étape 3 : fixer un prix qui tient face aux offres
Un prix se construit sur des ventes réellement conclues, pas sur les annonces des voisins, qui affichent des prix demandés et pas des prix obtenus. La base publique des valeurs foncières, consultable gratuitement, donne les transactions enregistrées avec leur adresse, leur surface et leur date. C’est le point de départ le plus honnête qui existe.
Croisez-la ensuite avec deux estimations professionnelles, en gardant en tête qu’une estimation d’agence sert aussi à décrocher un mandat. Notre réflexe quand les trois chiffres divergent : chercher ce qui explique l’écart, l’étage, l’exposition, les charges de copropriété, plutôt que de prendre la moyenne.
Sur un marché qui se normalise, un bien surévalué de 10 % ne se vend pas plus lentement, il ne se vend pas du tout, puis subit une baisse mal vécue au bout de trois mois. Mieux vaut partir juste et laisser une marge de négociation de 3 à 5 % que partir haut avec l’idée de baisser plus tard.
Étape 4 : préparer le logement pour les visites
La préparation matérielle du bien pèse surtout sur le délai de vente, et un peu sur le prix. Trois chantiers rapportent presque toujours plus qu’ils ne coûtent.
- Désencombrer avant de décorer. Vider une pièce du tiers de ses meubles fait plus d’effet qu’une couche de peinture. Un acheteur mesure l’espace, pas le style.
- Réparer les petits défauts visibles. Une poignée qui reste dans la main, un joint de salle de bains noirci, une prise qui pend : chacun de ces détails alimente la négociation bien au-delà de son coût réel de réparation.
- Soigner l’éclairage et les photos. Volets ouverts, lumières allumées même en journée, photos prises en hauteur. Une annonce mal photographiée fait perdre la moitié des visites potentielles avant même le premier appel.
Un mot de prudence, parce que le sujet revient sans arrêt dans nos échanges : tout ce qui touche à l’électricité, au gaz ou à la plomberie encastrée avant une vente relève d’un professionnel qualifié. Une installation retouchée à la va-vite se voit au diagnostic, et un défaut signalé au DDT pèse plus lourd dans la négociation que le devis qu’on a voulu éviter.
Étape 5 : tenir le calendrier entre le compromis et l’acte
Après la signature du compromis, l’acquéreur non professionnel bénéficie d’un délai de rétractation de dix jours, prévu à l’article L271-1 du Code de la construction et de l’habitation. Il court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre lui notifiant l’acte, s’exerce sans justification ni pénalité, et c’est la date d’expédition qui fait foi.
Vient ensuite la période des conditions suspensives, dominée par l’obtention du prêt. Comptez en général trois mois entre le compromis et l’acte authentique, le temps que le notaire réunisse les pièces d’urbanisme, purge les droits de préemption et que la banque édite son offre. Votre rôle pendant cette période est simple mais décisif : répondre vite aux demandes de documents du notaire.
Le jour de la signature de l’acte, le prix est versé et les clés remises. Prévoyez les relevés de compteurs, l’attestation d’assurance et, en copropriété, le pré-état daté demandé au syndic bien en amont, car son délai d’établissement est souvent le dernier grain de sable du dossier.
Ce qu’on nous demande le plus souvent
Faut-il faire des travaux avant de vendre ?
Rarement des gros travaux. Une rénovation lourde se répercute mal dans le prix de vente et immobilise des mois. Les retouches légères et le désencombrement, en revanche, se rentabilisent presque toujours. L’exception concerne les logements classés F ou G en copropriété, où un DPE mis à jour selon la nouvelle méthode de calcul peut suffire à changer la donne sans engager de chantier.
Peut-on vendre un logement classé G en 2026 ?
Oui. Aucune interdiction ne pèse sur la vente d’un logement énergivore, contrairement à la mise en location, qui est encadrée par la loi Climat et Résilience. En revanche, la vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G impose de fournir un audit énergétique en plus du DPE.
Combien de temps faut-il compter au total ?
Entre la décision de vendre et la remise des clés, un dossier sans accroc prend rarement moins de quatre à cinq mois : quelques semaines de préparation et de diagnostics, un délai de commercialisation variable selon le secteur, puis les trois mois habituels entre compromis et acte.
Vendre seul ou passer par une agence ?
Cela dépend surtout du temps disponible et de la tension du marché local. Vendre de particulier à particulier économise les honoraires mais demande d’assurer les visites, le filtrage des acquéreurs et le suivi administratif. Sur un secteur peu liquide, l’accompagnement d’un professionnel se justifie davantage que sur un bien recherché en centre-ville.
Le dossier de diagnostics vous inquiète ?
C’est la partie la plus technique de la préparation, et celle où les délais dérapent le plus souvent.
Pour l’étape du prix, nous avons détaillé à part ce que valent réellement les outils gratuits dans notre article sur les plateformes d’estimation immobilière en ligne.
Cet article donne une information générale sur la préparation d’une vente immobilière. Il ne remplace pas l’accompagnement d’un notaire, d’un diagnostiqueur certifié ou d’un professionnel de l’immobilier, seuls compétents pour valider votre situation particulière.
Publié initialement en 2024. Mis à jour le 4 août 2026.
Sources : ministère de la Transition écologique, communiqué sur l’évolution du calcul du DPE au 1er janvier 2026 et arrêté du 13 août 2025 modifiant le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire ; Code de la construction et de l’habitation, article L271-1, pour le délai de rétractation de l’acquéreur ; loi Climat et Résilience pour l’obligation d’audit énergétique à la vente des logements classés E, F et G ; base « Demandes de valeurs foncières » de la DGFiP pour la vérification des prix de vente réels.