Cette page listait huit jeunes pousses en 2023. Trois ans plus tard, l’une a été liquidée, une autre revendue pour 50 000 euros, et deux pèsent aujourd’hui plusieurs milliards. Plutôt que de repeindre l’ancienne liste, nous avons préféré tout reprendre, et commencer par regarder ce que nos paris de l’époque sont devenus.
En 2026, la liste de référence des startups françaises les plus prometteuses s’appelle le French Tech Next40/120. Sa promotion 2026, annoncée le 17 juin 2026 par la Mission French Tech, réunit 120 entreprises qui ont cumulé 11,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et emploient 33 500 personnes en France. Ses critères d’entrée sont publics, ce qui en fait un repère bien plus solide qu’un classement d’opinion.
Ce qu’il faut retenir
- La promotion 2026 du Next40/120 a été dévoilée le 17 juin 2026 : 120 lauréates, 11,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé en 2025, 33 500 emplois en France.
- Pour entrer, il fallait 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 avec 15 % de croissance annuelle moyenne sur trois ans, ou 20 millions levés entre janvier 2022 et mai 2026.
- La greentech domine la sélection avec 25 entreprises représentées, devant l’intelligence artificielle, le quantique et l’aérospatial.
- Sur les huit noms que nous citions en 2023, deux ont disparu ou été bradés. Une liste de startups n’est jamais une liste de valeurs sûres.
Ce que sont devenues les startups que nous citions en 2023
Nous commençons par là parce que c’est l’exercice le plus utile, et le plus rare. Voici, nom par nom, ce que nous avons pu vérifier en août 2026.
| Startup | Ce qu’on en disait en 2023 | Où elle en est en 2026 |
|---|---|---|
| Back Market | Croissance sans signe de ralentissement | 440 M€ de chiffre d’affaires en 2025, 3 Md€ de volume d’affaires, première année de rentabilité mondiale |
| Alan | Réinvente l’assurance santé | 480 M€ levés en juin 2026, valorisation de 5,5 Md€, plus d’un million de membres |
| Flying Whales | Un dirigeable qui révolutionnerait le fret | Permis de construire de l’usine girondine accordé en janvier 2026, mise en service visée en fin de décennie |
| C12 Quantum Electronics | Travaille sur un ordinateur quantique | 18 M€ levés début 2026, plus de 28 M€ depuis 2020, une soixantaine de salariés |
| Ecov | Covoiturage de proximité | Retenue par Île-de-France Mobilités pour les premières lignes fixes franciliennes, déploiement 2026-2028 |
| Energiency | IA pour réduire la facture énergétique des usines | Toujours en activité depuis Rennes ; nous n’avons pas trouvé d’actualité financière récente la concernant |
| Ynsect | Protéines d’insectes, procédé révolutionnaire | Sauvegarde puis redressement en mars 2025, liquidation judiciaire fin 2025, ferme de Poulainville fermée |
| Agricool | Fermes urbaines en conteneur | En réalité déjà en redressement depuis janvier 2022, cédée 50 000 € à Vif Systems, 7 salariés repris sur 48 |
Le cas Agricool mérite un mot, parce qu’il dit quelque chose de la façon dont ces listes se fabriquent. L’entreprise avait été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Bobigny en janvier 2022, soit plus d’un an avant que nous la présentions comme prometteuse. Elle figurait encore dans les articles de l’époque par simple recopie.
Comment lire la promotion 2026 du French Tech Next40/120
Le programme, piloté par la Mission French Tech, distingue chaque année les entreprises technologiques françaises les plus performantes. Il ne s’appelle pas « Mission French Tech Next », comme on le lit parfois : le nom exact est French Tech Next40/120, le Next40 étant le sous-ensemble des quarante entreprises les plus avancées.
Sa septième édition a été annoncée le 17 juin 2026. Les 120 lauréates ont réalisé 11,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, contre 10 milliards l’année précédente, et emploient 46 000 personnes dans le monde dont 33 500 en France. Trente-quatre entreprises entrent pour la première fois, dont quinze directement dans le Next40, parmi lesquelles AMI Labs, Aura Aero et Quobly.
Le point qui nous intéresse le plus est ailleurs, dans les critères d’éligibilité. Une candidate devait afficher au moins 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 avec 15 % de croissance annuelle moyenne sur trois ans, ou avoir levé au moins 20 millions d’euros entre janvier 2022 et mai 2026. Autrement dit, on ne rentre pas dans cette liste sur une bonne idée, mais sur des comptes.
Les secteurs qui tirent la sélection
La greentech arrive en tête avec 25 entreprises représentées dans la promotion 2026. Viennent ensuite les domaines que l’État qualifie de stratégiques : intelligence artificielle, calcul quantique, biotechnologies, aérospatial. Cette orientation n’a rien d’un hasard de conjoncture, elle correspond au discours de souveraineté industrielle et énergétique porté par le programme lui-même.
Nous suivons de près le volet financier de cette bascule, que nous avons détaillé dans notre article sur l’intelligence artificielle appliquée à la finance : les usages réels restent très majoritairement internes aux entreprises, loin des promesses grand public.
Les quatre questions que nous nous posons avant de nous emballer
Après l’exercice du tableau ci-dessus, voici la grille que nous appliquons désormais entre nous quand un nom circule.
- Depuis combien de temps l’entreprise vend-elle ? Une levée de fonds n’est pas un chiffre d’affaires. Flying Whales lève depuis des années sans avoir livré un dirigeable.
- Le procédé est-il industrialisé ou encore en pilote ? C’est exactement la marche qu’Ynsect n’a pas réussi à franchir, malgré une usine construite.
- Qui paie, et de façon récurrente ? Un client public engagé sur plusieurs années, comme dans le cas d’Ecov, vaut mieux qu’une liste de prospects.
- L’information date de quand ? Trois ans d’écart suffisent à transformer une pépite en dossier de tribunal de commerce.
Trois questions qui nous reviennent souvent
Peut-on investir directement dans ces startups ? Pas librement : la quasi-totalité ne sont pas cotées. L’accès passe par des fonds spécialisés ou des plateformes de financement participatif, avec un risque de perte totale du capital et une liquidité très faible.
Le Next40/120 est-il un label de solidité ? Non. C’est un indicateur de performance à un instant donné, fondé sur la croissance et les levées de fonds. Il ne préjuge en rien de la survie d’une entreprise à cinq ans.
Pourquoi la greentech domine-t-elle autant ? Parce que la transition énergétique concentre depuis plusieurs années les financements publics et privés, et que la sélection valorise désormais aussi l’apport technologique et industriel, pas uniquement les critères financiers.
Vous êtes plutôt du côté du créateur
Un autre membre du collectif a détaillé comment lancer son activité sans trésorerie de départ.
Information générale sur l’écosystème des startups françaises, à jour au 12 août 2026. Ce contenu n’est pas une recommandation d’investissement et ne remplace pas l’avis d’un conseiller habilité. Investir dans une jeune entreprise non cotée comporte un risque de perte totale du capital engagé.
Publié initialement en 2023. Mis à jour le 12 août 2026.
Sources : Mission French Tech, annonce de la promotion 2026 du French Tech Next40/120, 17 juin 2026 ; Maddyness pour la liquidation judiciaire d’Ynsect (décembre 2025) et la levée d’Alan de juin 2026 ; Ecommerce Mag et Maddyness pour les résultats 2025 de Back Market ; L’Usine Nouvelle pour le calendrier industriel de Flying Whales ; communiqué C12 Quantum Electronics sur son tour de table de 18 M€ ; Île-de-France Mobilités pour les lignes de covoiturage confiées à Ecov ; Maddyness et Terre-net pour le redressement puis la cession d’Agricool.
