Poser la question aujourd’hui, c’est tomber sur un métier qui a changé de nom en cours de route. Le titre de commissaire-priseur judiciaire a définitivement disparu le 1er juillet 2026. Celui de commissaire-priseur de ventes volontaires, celui qui tient le marteau en salle des ventes, existe toujours. Deux voies, deux parcours, et beaucoup d’articles encore à jour de 2015.
Pour diriger des ventes aux enchères publiques volontaires, il faut détenir une licence en droit et une licence en histoire de l’art (ou en archéologie, arts plastiques ou arts appliqués), réussir l’examen d’accès organisé par le Conseil des maisons de vente, puis suivre une formation de deux ans validée par un certificat d’aptitude. Pour les ventes judiciaires, le métier s’appelle désormais commissaire de justice et se prépare dans un institut national dédié.
- 1 Le mot « commissaire-priseur » ne recouvre plus qu’un seul métier
- 2 Quels diplômes pour tenir le marteau en salle des ventes
- 3 L’examen, la formation et le certificat d’aptitude
- 4 L’autre porte d’entrée : le commissariat de justice
- 5 Combien gagne un commissaire-priseur
- 6 Trois questions que se posent les candidats
Le mot « commissaire-priseur » ne recouvre plus qu’un seul métier
Depuis le 1er juillet 2026, un seul des deux anciens métiers porte encore ce nom : celui des ventes volontaires. L’ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016 a organisé la fusion progressive des commissaires-priseurs judiciaires et des huissiers de justice dans une profession unique, le commissaire de justice. Le nouveau titre était utilisable depuis le 1er juillet 2022 ; il est devenu exclusif quatre ans plus tard, les anciennes appellations disparaissant à cette échéance.
La Chambre nationale des commissaires-priseurs judiciaires, la fameuse CNCPJ que citent encore quantité de fiches métier, n’est donc plus l’interlocuteur du candidat. C’est la Chambre nationale des commissaires de justice, installée au 1er janvier 2019 pour piloter la phase de rapprochement, qui a repris ce rôle. Son Institut national de formation a été inauguré le 17 mars 2021 et a sorti sa première promotion début 2023.
Côté ventes volontaires, le régulateur a lui aussi changé d’enseigne. La loi n° 2022-267 du 28 février 2022 a remplacé le Conseil des ventes volontaires par le Conseil des maisons de vente, complété par le décret n° 2023-119 du 20 février 2023. C’est lui qui tient la liste des opérateurs déclarés, organise l’accès à la profession et dispose depuis 2022 d’un pouvoir de sanction financière.
| Ventes volontaires | Ventes judiciaires | |
|---|---|---|
| Titre en 2026 | Commissaire-priseur de ventes volontaires | Commissaire de justice |
| Autorité de référence | Conseil des maisons de vente | Chambre nationale des commissaires de justice |
| Nature de l’activité | Vente aux enchères d’objets confiés librement par leur propriétaire | Ventes ordonnées par la justice, inventaires, constats, exécution |
| Rémunération | Honoraires négociés, prélevés sur le vendeur et l’acheteur | Tarif réglementé fixé par arrêté pour les actes monopolistiques |
Quels diplômes pour tenir le marteau en salle des ventes
Le Conseil des maisons de vente exige un double cursus : un diplôme national de licence en droit et un diplôme national de licence en histoire de l’art, en arts appliqués, en archéologie ou en arts plastiques. Des équivalences existent, fixées par arrêté ministériel, mais le principe reste celui de la double compétence.
Autrement dit, la version qu’on lit souvent (une licence d’histoire complétée par deux années de droit en faculté) ne correspond pas aux conditions actuelles. Ce sont bien deux licences complètes, généralement menées de front après le bac, ce qui explique la sélectivité du parcours autant que l’examen lui-même.
La logique de ce double diplôme se comprend dès qu’on regarde le travail réel. Estimer un lot suppose de connaître le marché et l’objet ; diriger la vente et engager sa responsabilité sur l’authenticité suppose de connaître le droit qui l’encadre.
L’examen, la formation et le certificat d’aptitude
L’accès passe par un examen, puis par une formation de deux ans qui alterne stage professionnel et enseignements théoriques. Le parcours se déroule dans cet ordre :
- Dépôt d’un dossier d’inscription auprès du Conseil des maisons de vente.
- Réussite de l’examen d’accès à la formation, très sélectif.
- Deux années de formation, avec des frais annuels de gestion administrative de 1 900 euros par an à la charge de l’élève.
- Examens intermédiaires en cours de cursus.
- Examen final d’aptitude, puis délivrance du certificat d’aptitude, enregistré comme titre professionnel de niveau 7 (bac+5).
Le certificat n’est délivré qu’après validation complète de la formation. C’est lui qui ouvre l’exercice au sein d’une maison de vente déclarée auprès du Conseil.
L’autre porte d’entrée : le commissariat de justice
Si c’est la vente judiciaire qui attire, le parcours n’a plus rien à voir. Il faut viser le diplôme de commissaire de justice, préparé à l’Institut national de formation de la profession. Le métier ne se limite plus aux enchères : il couvre la signification des actes, les procédures civiles d’exécution, les constats et le recouvrement amiable.
L’ampleur du changement se mesure à ce qu’on a demandé aux professionnels déjà en poste. Pour obtenir le nouveau titre, les commissaires-priseurs judiciaires ont dû suivre 80 heures de formation complémentaire, et les huissiers de justice 60 heures, chacun se formant au métier de l’autre.
À retenir
- Commissaire-priseur judiciaire : titre supprimé au 1er juillet 2026, remplacé par commissaire de justice.
- Ventes volontaires : licence de droit + licence en histoire de l’art ou discipline assimilée, examen d’accès, deux ans de formation.
- Le Conseil des maisons de vente a succédé au Conseil des ventes volontaires depuis la loi du 28 février 2022.
- Aucun revenu moyen officiel n’est publié pour la profession : méfiance envers les montants annoncés au hasard.
Combien gagne un commissaire-priseur
C’est la question qui revient le plus, et c’est aussi celle où circulent le plus de chiffres invérifiables. Nous n’avons trouvé aucune donnée officielle de revenu moyen publiée par le Conseil des maisons de vente ou par la profession : les montants qui tournent sur le web ne s’appuient sur aucune source identifiable, et nous préférons le dire plutôt que d’en recopier un.
Ce qui est vérifiable, en revanche, c’est le mécanisme. En ventes volontaires, la rémunération vient d’honoraires négociés, prélevés à la fois sur le vendeur et sur l’acheteur, donc directement indexés sur le volume et la qualité des lots passés en salle. Chez le commissaire de justice, une partie des actes relève d’un tarif réglementé fixé par arrêté. Deux modèles économiques différents, deux profils de carrière différents.
Trois questions que se posent les candidats
Peut-on organiser des enchères sans être commissaire-priseur ?
Non, pas pour des ventes aux enchères publiques de meubles. L’activité est réservée aux opérateurs déclarés auprès du Conseil des maisons de vente, qui tient la liste et exerce un pouvoir disciplinaire assorti, depuis 2022, de sanctions financières.
La double licence peut-elle se remplacer par une école du marché de l’art ?
Pas à elle seule. Ces formations préparent utilement à l’examen et à la connaissance des objets, mais la condition de diplôme reste celle fixée par les textes, sauf équivalence reconnue par arrêté.
Le commissaire de justice intervient-il dans les successions ?
Oui, notamment pour dresser l’inventaire du mobilier d’une succession, une mission héritée des commissaires-priseurs judiciaires. C’est un point utile à connaître quand on s’intéresse à la répartition des biens sans testament.
Un autre métier réglementé vous tente ?
Le parcours est très différent, mais la logique d’accès encadré se ressemble.
Publié initialement sur onenetwork.fr, mis à jour le 21 août 2026.
Sources : ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016 relative au statut de commissaire de justice ; ministère de la Justice, dossier sur la création de la profession de commissaire de justice ; loi n° 2022-267 du 28 février 2022 visant à moderniser la régulation du marché de l’art ; décret n° 2023-119 du 20 février 2023 relatif aux opérateurs de ventes volontaires et au Conseil des maisons de vente ; Conseil des maisons de vente, pages « Conditions et voies d’accès » et « Les formations », consultées le 21 août 2026.
Cet article donne une information générale sur les conditions d’accès à la profession. Il ne remplace pas les textes en vigueur ni les informations délivrées par le Conseil des maisons de vente pour un dossier de candidature précis.