Beaucoup d’articles sur les tenues de sécurité datent d’avant 2024 et racontent encore que la mention « sécurité » sur le dos d’un agent est une option de personnalisation. Ce n’est plus vrai depuis le 1er octobre 2024 : le contenu de la tenue est fixé au millimètre par un arrêté.
La tenue d’un agent privé de sécurité n’est pas un choix esthétique d’entreprise. Le code de la sécurité intérieure impose une tenue qui ne prête pas à confusion avec celle des services publics, et l’arrêté du 18 juillet 2023, entré en vigueur le 1er octobre 2024, fixe précisément le numéro d’identification individuel, l’insigne de l’entreprise et la mention « SÉCURITÉ PRIVÉE » au dos. Tout le reste, matière, coupe, confort, se choisit librement, mais aux frais de l’employeur.
Ce qu’il faut retenir
- Trois éléments d’identification sont obligatoires et normés : numéro individuel, insigne de l’entreprise, inscription dorsale « SÉCURITÉ PRIVÉE ».
- Deux activités échappent à l’obligation de tenue : la protection de personnes et la surveillance contre le vol à l’étalage à l’intérieur d’un commerce.
- Pour les agents de sécurité incendie, le bleu marine est interdit afin de ne pas être confondus avec les secours publics.
- Les équipements de protection individuelle sont fournis, entretenus et remplacés gratuitement par l’employeur.
Les trois marquages obligatoires depuis le 1er octobre 2024
L’article R. 613-1 du code de la sécurité intérieure pose le principe : les employés des entreprises de surveillance, de gardiennage et de transport de fonds portent, dans l’exercice de leurs fonctions, une tenue qui ne doit pas prêter à confusion avec les uniformes réglementaires, en particulier ceux de la police et de la gendarmerie nationales, des douanes et des polices municipales. Cette tenue comporte au moins deux insignes reproduisant la dénomination ou le sigle de l’entreprise, placés de manière à rester apparents en toutes circonstances, ainsi qu’un numéro d’identification individuel.
L’arrêté du 18 juillet 2023 traduit ce principe en dimensions concrètes.
| Élément | Emplacement | Caractéristiques imposées |
|---|---|---|
| Numéro d’identification individuel | Poitrine, en haut à gauche | Caractères Arial 36 sur une bande de 54 mm sur 15 mm, noir sur blanc ou blanc sur noir. Il reprend les sept derniers chiffres du numéro de bénéficiaire de la carte professionnelle |
| Insigne de l’entreprise | Sous le numéro d’identification | Au minimum un carré de 50 mm de côté |
| Mention « SÉCURITÉ PRIVÉE » | Au dos, centrée horizontalement | Sur une seule ligne, en majuscules rétro-réfléchissantes Arial 76, en blanc sur fond noir |
Ce niveau de détail n’a rien d’un caprice administratif. Il répond à un objectif simple : qu’un passant, un client ou un policier identifie en une seconde à qui il a affaire, de face comme de dos. Une entreprise qui laisse ses agents en tenue non conforme s’expose lors d’un contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité, en plus de fragiliser ses agents sur le terrain.
Les deux cas où la tenue n’est pas obligatoire
L’article R. 613-2 prévoit deux exceptions, et elles sont logiques. Le port de la tenue n’est pas obligatoire pour les agents exerçant une activité de protection de personnes, ni pour ceux affectés à la surveillance contre le vol à l’étalage à l’intérieur de locaux commerciaux. Dans ces deux métiers, l’efficacité repose précisément sur le fait de ne pas être repéré.
C’est ce qui explique la coexistence, sur un même site, d’agents en polo siglé à l’entrée et d’agents en civil dans les rayons. Les seconds ne sont pas moins encadrés : ils détiennent la même carte professionnelle et relèvent des mêmes obligations déontologiques.
Sécurité incendie : la couleur interdite

Protégé contre les chocs et les brûlures, vous serez ravi de porter vos vêtements de sécurité
Les agents des services de sécurité incendie et d’assistance à personnes relèvent d’un autre texte : l’arrêté du 2 mai 2005. Son article 3 est court et souvent mal cité. Il dit que les agents doivent être clairement identifiables, que leurs tenues doivent être adaptées à leurs missions respectives, et que les effets portés au niveau du buste doivent permettre une différenciation avec les personnels des services de secours publics. À cet effet, précise le texte, le bleu marine est interdit.
Autrement dit, l’arrêté n’impose aucune couleur : il en proscrit une. Le rouge très répandu sur le terrain relève de l’usage, pas de l’obligation réglementaire. La confusion entre les deux se retrouve dans quantité de fiches produits, et elle n’est pas anodine pour un employeur qui croit se conformer à une règle qui n’existe pas.
La haute visibilité obéit à sa propre norme
Parka, chasuble, gilet : dès qu’un agent intervient sur une voie de circulation, un parking, un quai ou un chantier, la tenue change de logique. On entre dans le champ de la norme EN ISO 20471, qui définit trois classes selon les surfaces minimales de matière fluorescente et de matière rétro-réfléchissante, et impose une visibilité sur 360 degrés.
- Classe 1 : au moins 0,14 m² de matière fluorescente et 0,10 m² de matière rétro-réfléchissante.
- Classe 2 : au moins 0,50 m² et 0,13 m².
- Classe 3 : au moins 0,80 m² et 0,20 m², le niveau attendu près d’une circulation rapide.
Un détail compte : un logo, un lettrage ou une étiquette ne doivent jamais réduire la surface visible qui donne sa classe au vêtement. Ajouter un marquage d’entreprise sur un gilet peut donc, en pratique, le faire sortir de sa classe. C’est un point à valider avec le fournisseur, pas après la livraison.
Qui paie, qui entretient
La question revient à chaque embauche, et la réponse ne se discute pas. L’article R. 4323-95 du code du travail prévoit que les équipements de protection individuelle et les vêtements de travail sont fournis gratuitement par l’employeur, qui assure leur bon fonctionnement et leur maintien dans un état hygiénique satisfaisant par les entretiens, réparations et remplacements nécessaires.
Côté produit, les équipements de protection individuelle relèvent du règlement (UE) 2016/425, applicable depuis avril 2018, qui a remplacé l’ancienne directive de 1989. Il classe les EPI en trois catégories selon la gravité du risque couvert et conditionne le marquage CE. Un vêtement de protection sérieux porte donc un marquage, une notice et des pictogrammes de normes : à défaut, ce n’est qu’un vêtement de travail.
Questions fréquentes
Un agent peut-il porter sa propre tenue ?
Non, dès lors qu’il exerce une activité soumise au port de la tenue. Les éléments d’identification sont normés et rattachés à l’entreprise, ils ne peuvent pas être improvisés ni bricolés sur un vêtement personnel.
Le confort est-il un critère légitime ?
Absolument, et il est même dans l’intérêt de l’employeur. Une tenue portée douze heures d’affilée, souvent en extérieur, doit respirer et supporter les lavages fréquents. Rien dans les textes n’impose une coupe ou une matière précise : c’est la marge de manœuvre réelle des entreprises.
Les chaussures font-elles partie de la tenue ?
Elles relèvent d’un autre régime, celui des équipements de protection individuelle, avec leurs propres normes de coque et de semelle. Elles se choisissent selon le risque du poste, pas selon l’esthétique de l’uniforme.
Que risque une entreprise en cas de tenue non conforme ?
Elle s’expose à un contrôle et à une suite disciplinaire de l’autorité de régulation du secteur. Au-delà de la sanction, une tenue non conforme fragilise la position juridique de l’agent en cas d’incident, puisque son identification devient contestable.
Ce que nous conseillons à un petit prestataire
Reprenez la tenue par les trois marquages obligatoires, faites-les valider par votre fournisseur avec l’arrêté sous les yeux, et seulement ensuite parlez matière, coupe et couleur. C’est l’ordre inverse de celui que suivent la plupart des commandes, et c’est ce qui explique le nombre de tenues à refaire.
Et pour les pieds ?
Les normes des chaussures de chantier suivent une logique différente de celle de la tenue.
Sources : code de la sécurité intérieure, articles R. 613-1 et R. 613-2 ; arrêté du 18 juillet 2023 relatif aux tenues des agents privés de sécurité, entré en vigueur le 1er octobre 2024 ; arrêté du 2 mai 2005 relatif aux missions, à l’emploi et à la qualification du personnel permanent des services de sécurité incendie, article 3 ; code du travail, article R. 4323-95 ; règlement (UE) 2016/425 relatif aux équipements de protection individuelle ; norme EN ISO 20471 relative aux vêtements à haute visibilité.
Article mis à jour le 14 août 2026. Information générale, qui ne se substitue pas à l’avis d’un juriste ou de votre organisation professionnelle.