Il y a une phrase qu’on entend tous les ans à l’approche de la déclaration : « mets 5 000 € sur un PER, tu ne les paieras pas en impôt ». C’est faux, et depuis janvier 2026 c’est un peu plus faux qu’avant. La flat tax est passée à 31,4 % sur les gains du plan d’épargne retraite, pendant que l’assurance vie, elle, est restée où elle était.
Le PER individuel ne supprime pas l’impôt, il le décale. Il devient réellement gagnant quand votre tranche marginale d’imposition est élevée aujourd’hui et sera plus basse à la retraite : à 30 % ou 41 % de TMI, l’écart se voit tout de suite. En dessous, à 11 %, la déduction rapporte trop peu pour justifier de bloquer son argent jusqu’à la retraite, et une assurance vie reste plus souple.
En bref
- La déduction est un report d’imposition, pas une exonération : ce que vous ne payez pas aujourd’hui, vous le paierez à la sortie.
- Pour un salarié, les versements 2026 se déduisent dans la limite de 10 % des revenus 2025, avec un plancher de 4 710 € et un plafond de 37 680 € (barème calculé sur le PASS 2025, 47 100 €).
- Depuis le 1er janvier 2026, les gains d’un PER sortis en capital supportent 31,4 % au lieu de 30 %, alors que l’assurance vie est restée à 17,2 % de prélèvements sociaux.
- L’achat de la résidence principale est le seul motif de déblocage anticipé qui ne soit pas un accident de la vie.
Ce que la déduction vous rapporte vraiment
Le gain fiscal d’un versement sur un PER se calcule en une multiplication : le montant versé multiplié par votre tranche marginale d’imposition. Rien de plus. Un versement de 5 000 € fait économiser environ 1 500 € d’impôt à un foyer imposé à 30 %, et 550 € au même foyer s’il est imposé à 11 %. C’est le même produit, le même effort d’épargne, et un rendement fiscal presque trois fois supérieur d’un cas à l’autre.
Ce mécanisme explique pourquoi le PER intéresse surtout les revenus confortablement installés dans les tranches hautes du barème. Les versements volontaires viennent en déduction du revenu imposable, dans la limite d’un plafond individuel que l’administration rappelle chaque année sur l’avis d’imposition, et les plafonds non utilisés des trois années précédentes restent mobilisables.
Deuxième point qu’on nous fait souvent répéter : le plafond se calcule sur les revenus de l’année précédente. Pour un versement effectué en 2026, la référence est donc le revenu professionnel de 2025 et le PASS 2025, fixé à 47 100 €. D’où un plancher de déduction de 4 710 € pour tout le monde, même sans revenu d’activité, et un plafond de 37 680 € pour un salarié.
À la sortie, la facture se présente
La fiscalité de sortie dépend d’une seule chose : avez-vous déduit vos versements à l’entrée ? Si oui, la part correspondant aux versements est réintégrée à votre revenu imposable au barème le jour où vous la récupérez, sans prélèvements sociaux, et les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique. Si vous avez renoncé à la déduction, la part versements ressort en franchise totale d’impôt et seuls les gains sont taxés.
C’est précisément là que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a changé la donne. La CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %, ce qui porte les prélèvements sociaux à 18,6 % et le prélèvement forfaitaire unique à 31,4 % pour les produits concernés, dont le PER. L’assurance vie, le PEL et les revenus fonciers figurent parmi les exceptions restées à 17,2 %.
Pour une sortie en rente viagère, la logique diffère : la rente issue de versements déduits est imposée comme une pension de retraite, après l’abattement de 10 %, et les prélèvements sociaux s’appliquent sur une fraction de la rente qui dépend de votre âge au premier versement. Une rente démarrée tardivement est donc moins taxée socialement qu’une rente démarrée tôt.
PER ou assurance vie : la comparaison de 2026
Les deux produits ne jouent pas le même rôle et l’écart s’est creusé cette année. Le PER agit à l’entrée, sur l’impôt de l’année en cours, au prix d’un blocage des fonds. L’assurance vie n’offre rien à l’entrée mais reste disponible à tout moment, et sa fiscalité de sortie après huit ans n’a pas bougé au 1er janvier 2026.
| Critère | PER individuel | Assurance vie |
|---|---|---|
| Avantage à l’entrée | Versements déductibles du revenu imposable | Aucun |
| Disponibilité de l’épargne | Bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas prévus par la loi | Rachat possible à tout moment |
| Taxation des gains en capital (2026) | 31,4 % (12,8 % + 18,6 % de prélèvements sociaux) | 24,7 % après 8 ans et abattement (7,5 % + 17,2 %) |
| Abattement annuel sur les gains | Aucun | 4 600 € seul, 9 200 € pour un couple, après 8 ans |
| Profil qui y gagne | TMI à 30 % ou plus, horizon retraite assumé | TMI basse, ou besoin de garder la main sur son épargne |
Dit autrement : le PER se juge sur l’écart entre votre TMI d’aujourd’hui et celle que vous aurez une fois à la retraite. Si vous pensez rester dans la même tranche, le report d’imposition perd l’essentiel de son intérêt et la contrainte de blocage reste, elle, bien réelle. Nous détaillons le second produit dans notre article sur le choix d’une assurance vie pour ses investissements.
Le déblocage pour acheter sa résidence principale
L’achat de la résidence principale permet de récupérer son PER avant la retraite, et c’est le seul motif de déblocage anticipé qui relève d’un projet plutôt que d’un coup dur. Les autres cas listés par service-public.gouv.fr sont le décès du conjoint ou partenaire de Pacs, l’invalidité, le surendettement, la fin de droits au chômage, la cessation d’activité non salariée après liquidation judiciaire.
Une nuance compte pour les salariés : les sommes issues de versements obligatoires, celles alimentées par l’employeur dans le cadre d’un dispositif d’entreprise, restent bloquées même pour un achat immobilier. Et le déblocage n’efface pas la fiscalité : la part correspondant aux versements déduits est réintégrée à votre revenu imposable l’année où vous la récupérez, ce qui peut faire grimper votre tranche pile l’année de l’acquisition. C’est un calcul à poser avec son conseiller avant de signer, pas après.
Les questions qu’on nous pose le plus
Faut-il déduire ses versements ou y renoncer ?
Renoncer à la déduction a du sens quand votre TMI actuelle est faible, typiquement 0 % ou 11 %. Vous perdez peu à l’entrée et vous récupérez la part versements en franchise d’impôt à la sortie. À 30 % et au-delà, la déduction reste l’intérêt principal du produit.
Peut-on transférer un vieux PERP ou un contrat Madelin vers un PER ?
Oui, le transfert est prévu et permet de basculer une ancienne épargne retraite vers les règles plus souples du PER, notamment la sortie en capital. Des frais de transfert peuvent s’appliquer selon l’ancienneté du contrat : demandez le chiffre exact à votre assureur avant de lancer l’opération.
Que deviennent les sommes en cas de décès avant la retraite ?
Le capital est versé aux bénéficiaires désignés au contrat. Le régime fiscal applicable dépend du type de PER et de l’âge au décès, un point qui mérite d’être vérifié auprès de l’assureur au moment de la souscription plutôt que découvert par les héritiers.
Comment comparer deux PER entre eux ?
Sur les frais avant tout : frais sur versement, frais de gestion annuels sur les unités de compte, frais d’arbitrage. Un point de frais annuel en trop sur trente ans pèse plus lourd que la performance affichée les deux premières années. Regardez ensuite la qualité de la gestion pilotée proposée par défaut et l’étendue des supports accessibles en gestion libre.
Vous préparez votre retraite ?
Le régime des agents publics obéit à des règles à part, on lui a consacré un article dédié.
Cet article présente une information générale sur l’épargne retraite et sa fiscalité. Il ne constitue pas un conseil financier ou fiscal personnalisé : les règles évoluent chaque année, et une décision de versement ou de déblocage mérite d’être validée avec un conseiller au regard de votre situation réelle.
Publié initialement en 2024. Mis à jour le 3 août 2026.
Sources : service-public.gouv.fr, fiche « Plan d’épargne retraite (PER) individuel », mise à jour du 18 juin 2026 ; loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 pour la hausse de la CSG sur les revenus du capital ; plafonds d’épargne retraite 2026 calculés sur le PASS 2025 (47 100 €).