Une hausse d’impôt qui passe presque inaperçue vient de rebattre les cartes : depuis le 1er janvier 2026, la flat tax n’est plus à 30 % mais à 31,4 %. Ce n’est pas énorme, sauf que la mesure ne frappe pas tous les placements de la même façon, et c’est précisément ce qui doit orienter les arbitrages de cette année.
Il n’existe pas de « meilleur placement » en 2026, mais une hiérarchie qui a bougé. Les SCPI ont distribué 4,91 % en moyenne en 2025 (ASPIM), les fonds en euros 2,63 % selon l’ACPR, et la fiscalité sépare désormais nettement l’assurance vie et l’immobilier, restés à 17,2 % de prélèvements sociaux, du reste des revenus du capital passé à 18,6 %.
En bref
- Flat tax portée à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), sous l’effet de 1,4 point de CSG supplémentaire voté en LFSS 2026.
- Assurance vie, revenus fonciers et plus-values immobilières échappent à cette hausse et restent à 17,2 %.
- SCPI : taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025, mais performance globale de seulement 1,46 % une fois la variation du prix des parts intégrée.
- Fonds en euros : 2,63 % en moyenne en 2025 selon l’ACPR, troisième année consécutive autour de 2,6 %.
- 1 Ce que la fiscalité 2026 change avant même le choix du support
- 2 La SCPI : un rendement qui n’est pas une performance
- 3 L’assurance vie : moins rentable, mais fiscalement protégée
- 4 Les actions : l’horizon compte plus que le point d’entrée
- 5 Le capital-investissement, désormais imposé par la loi dans certains contrats
- 6 Notre position pour cette année
Ce que la fiscalité 2026 change avant même le choix du support
La première question à se poser cette année n’est pas « quel placement rapporte le plus », mais « qu’est-ce qui reste après impôt ». La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du patrimoine, ce qui porte les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % et la flat tax de 30 % à 31,4 %.
Le point décisif tient dans la liste des exceptions. Les produits d’assurance vie, les revenus fonciers et les plus-values immobilières restent taxés à 17,2 %. Deux placements affichant le même rendement brut ne laissent donc plus le même net selon l’enveloppe qui les porte. C’est mécanique, et c’est un critère de choix à part entière.
| Support | Repère de performance | Prélèvements sociaux 2026 | Risque principal |
|---|---|---|---|
| SCPI | 4,91 % de distribution en 2025 (ASPIM) | 17,2 % sur les revenus fonciers | Baisse du prix de part, revente lente |
| Fonds en euros | 2,63 % en 2025 (ACPR) | 17,2 % | Rendement inférieur à l’inflation certaines années |
| Unités de compte et actions | 4,7 % nets sur les UC en 2025 (France Assureurs) | 17,2 % en assurance vie, 18,6 % hors assurance vie | Perte en capital, volatilité |
| Capital-investissement | Pas de rendement moyen public comparable | Selon l’enveloppe de détention | Illiquidité, horizon long, perte totale possible |
La SCPI : un rendement qui n’est pas une performance
La SCPI, ou société civile de placement immobilier, permet de détenir une fraction d’un parc immobilier locatif géré par une société de gestion, et d’en percevoir les loyers au prorata des parts détenues. L’intérêt reste le même qu’il y a dix ans : accéder à l’immobilier locatif sans gérer un locataire, un plombier ni une vacance.
Ce qui a changé, c’est la lecture du chiffre. L’ASPIM relève un taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025, en hausse de 0,19 point sur un an, avec des écarts marqués selon la typologie : environ 4,2 % pour les SCPI résidentielles, jusqu’à 6 % pour les diversifiées. Mais la performance globale, qui intègre la variation du prix des parts, ressort à seulement 1,46 % sur l’année. Autrement dit, le loyer versé a été en partie neutralisé par la baisse de valeur des parts.
Deux conséquences pratiques. La première : comparer des SCPI sur le seul taux de distribution n’a plus grand sens, il faut regarder l’évolution du prix de part sur trois à cinq ans. La seconde : la revente de parts n’est pas immédiate, et certaines SCPI de bureaux ont connu des délais allongés. La SCPI reste un placement de long terme, jamais une réserve de liquidités.
L’assurance vie : moins rentable, mais fiscalement protégée
Le fonds en euros a servi 2,63 % en moyenne en 2025 selon l’ACPR, pour la troisième année consécutive autour de 2,6 %. Ce n’est pas spectaculaire, mais deux caractéristiques comptent davantage cette année.
D’abord la garantie du capital investi sur la poche en euros, qui reste l’argument central pour une épargne de précaution longue. Ensuite, et c’est nouveau, l’assurance vie fait partie des rares enveloppes épargnées par la hausse des prélèvements sociaux : ses produits restent taxés à 17,2 %, quand un compte-titres passe à 18,6 %. À rendement brut identique, l’écart net devient visible.
Le contrat peut par ailleurs loger plusieurs classes d’actifs : fonds en euros, unités de compte actions ou obligations, supports immobiliers. Les UC ont affiché 4,7 % nets en 2025 selon France Assureurs, sans garantie de capital. Pour arbitrer entre ces poches, notre article sur les critères de choix d’un contrat d’assurance vie détaille les points à vérifier avant de signer.
Les actions : l’horizon compte plus que le point d’entrée
Acheter une action, c’est acheter une fraction d’entreprise, avec ce que cela suppose de hausse comme de perte en capital. Rien de nouveau, sinon que l’enveloppe de détention pèse désormais plus lourd.
Le plan d’épargne en actions garde son intérêt : au-delà de cinq ans de détention, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu au moment du retrait, seuls les prélèvements sociaux restent dus. Hors PEA et hors assurance vie, un gain sur compte-titres supporte la flat tax pleine à 31,4 %. Le choix du contenant n’est pas un détail administratif, il conditionne le net.
Le capital-investissement, désormais imposé par la loi dans certains contrats
Le capital-investissement consiste à financer des entreprises non cotées en bourse. Longtemps réservé aux investisseurs institutionnels, il s’est ouvert par la petite porte réglementaire : depuis le 24 octobre 2024, la loi Industrie verte impose une part minimale d’actifs non cotés dans les profils équilibrés et dynamiques des assurances vie et PER souscrits en gestion pilotée. Les acteurs ont jusqu’au 31 décembre 2026 pour l’intégrer aux allocations par défaut.
Concrètement, beaucoup d’épargnants en détiennent désormais sans l’avoir explicitement demandé. Cela mérite d’être vérifié sur son relevé plutôt que découvert plus tard : le non-coté est illiquide, son horizon dépasse souvent huit ans, et la perte peut être totale sur une ligne. Les profils prudents ne sont pas concernés par cette obligation.
Notre position pour cette année
Il n’y a pas de stratégie unique, mais un ordre de priorité qui nous semble tenir : sécuriser une réserve disponible avant tout placement, choisir l’enveloppe avant le support maintenant que l’écart fiscal est de 1,4 point, et refuser toute ligne dont on ne saurait pas expliquer en deux phrases comment elle perd de l’argent. La répartition entre plusieurs classes d’actifs reste la seule protection qui ne coûte rien.
Information générale, à jour au 13 août 2026. Les taux, rendements passés et règles fiscales cités ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Tout placement comporte un risque de perte en capital : consultez un conseiller en gestion de patrimoine ou votre banque avant toute décision.
Mis à jour le 13 août 2026.
Sources : ASPIM, collecte et performance des fonds immobiliers grand public 2025 ; ACPR et France Assureurs, taux de revalorisation des fonds en euros et performance des unités de compte 2025 ; loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 pour la hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine ; service-public.gouv.fr, fiscalité du plan d’épargne en actions ; loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 dite Industrie verte pour la part obligatoire d’actifs non cotés en gestion pilotée.

