Tout sur l’assurance habitation dans le cadre d’une location

Home 9 Maison 9 Tout sur l’assurance habitation dans le cadre d’une location
Résumer cet article avec :
Maison

Le jour de la remise des clés, l’agent réclame une attestation d’assurance et personne ne discute. Six mois plus tard, quand un flexible de machine à laver lâche à l’étage, on découvre que la question n’était pas « qui est assuré » mais « pour quoi exactement ».

En location de résidence principale, vide ou meublée, le locataire est légalement tenu de s’assurer contre les risques locatifs et d’en remettre l’attestation à la remise des clés, puis chaque année si le bailleur la demande : c’est l’article 7 g de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Le bailleur, lui, n’a d’obligation d’assurance que lorsque le logement se trouve en copropriété, au titre de l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965. Hors copropriété, son assurance de propriétaire non occupant reste facultative, mais elle comble un trou que peu de gens voient venir.

Le locataire : une obligation, deux couvertures qui n’ont rien à voir

L’assurance dite « habitation » du locataire recouvre en réalité deux mécanismes distincts, et c’est de leur confusion que naissent la plupart des mauvaises surprises.

Garantie Ce qu’elle couvre Statut
Responsabilité d’occupant (risques locatifs) Les dommages causés au logement loué : incendie, explosion, dégât des eaux, et leur propagation aux voisins et à l’immeuble Obligatoire
Responsabilité civile vie privée Les dommages causés à autrui par le locataire, sa famille, ses animaux ou les objets dont il a la garde Incluse dans les contrats courants
Garantie des biens personnels Le mobilier, l’électroménager et les effets du locataire Facultative, et pourtant celle à laquelle on pense en premier

Autrement dit : l’obligation légale protège d’abord le logement du propriétaire, pas le canapé du locataire. Un contrat au tarif plancher peut parfaitement satisfaire la loi tout en laissant l’occupant sans indemnisation sur ses propres affaires.

Ce que l’assureur refuse de payer

Les exclusions se ressemblent d’un contrat à l’autre et méritent d’être connues avant le sinistre, pas pendant. D’après la fiche officielle de service-public.gouv.fr, mise à jour le 5 décembre 2025, la garantie ne joue pas pour les dommages causés intentionnellement, pour les dommages que l’assuré se cause à lui-même ou cause aux membres de sa famille, ni pour les morsures de chiens classés dangereux.

Deux autres cas font régulièrement basculer un dossier :

  • La négligence d’entretien. Un joint de douche usé depuis des mois qui finit par inonder le voisin peut suffire à motiver un refus de prise en charge. L’entretien courant du logement reste à la charge du locataire, c’est aussi une obligation du bail.
  • L’activité professionnelle. Le matériel professionnel et les dommages liés à une activité exercée à domicile sortent du champ de la responsabilité civile vie privée et demandent un contrat distinct.
Une assurance habitation ne répare pas un défaut d’entretien. Elle couvre l’accident, pas le renoncement.

Le locataire qui ne s’assure pas : ce que le bailleur peut faire

La loi ALUR a substitué une procédure au bras de fer. Le bailleur met d’abord le locataire en demeure de produire son attestation, par lettre recommandée avec accusé de réception. Sans réponse dans le mois, il peut souscrire lui-même une assurance pour le compte du locataire, limitée à la couverture des risques locatifs.

Le coût est alors récupéré par douzièmes avec le loyer, majoré de 10 % au maximum pour frais de gestion, plafond fixé par décret en 2016. Le montant de la prime figure sur l’avis d’échéance puis sur la quittance. Dès que le locataire produit enfin une attestation, ou quitte les lieux, le bailleur doit résilier ce contrat dans le délai le plus court que permet la réglementation.

Le défaut d’assurance peut par ailleurs être sanctionné par la clause résolutoire du bail, donc conduire à sa résiliation judiciaire. C’est un motif rare, mais réel, et il vaut la peine d’être rappelé aux locataires qui repoussent la souscription « le temps de comparer ».

Le bailleur : obligé en copropriété, exposé partout ailleurs

L’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965, introduit par la loi ALUR du 24 mars 2014 et applicable depuis le 1er janvier 2015, impose à chaque copropriétaire, occupant ou non occupant, de s’assurer contre les risques de responsabilité civile dont il répond en cette qualité. Le syndicat des copropriétaires est soumis à la même obligation pour l’immeuble.

Pour une maison individuelle donnée en location, aucune obligation équivalente n’existe. L’assurance de propriétaire non occupant, dite PNO, y reste vivement conseillée : elle intervient quand le logement est vacant entre deux baux, quand le sinistre trouve son origine dans un équipement du bâtiment plutôt que dans le fait du locataire, ou quand l’assurance du locataire s’avère insuffisante ou résiliée.

Reste la question des loyers impayés, qui n’est pas une assurance du logement mais une assurance de la créance. La garantie loyers impayés est facultative et payante ; l’article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 interdit de la cumuler avec un cautionnement, sauf lorsque le locataire est étudiant ou apprenti. La caution Visale d’Action Logement constitue l’autre voie, gratuite pour le bailleur.

Qui doit quoi, en une ligne

  • Locataire en résidence principale : assurance des risques locatifs obligatoire, attestation à l’entrée puis chaque année sur demande.
  • Bailleur en copropriété : responsabilité civile obligatoire au titre de l’article 9-1, en plus de l’assurance du syndicat.
  • Bailleur d’une maison individuelle : PNO facultative, mais c’est elle qui couvre la vacance et les équipements.
  • Biens personnels du locataire : jamais couverts par la seule obligation légale, à garantir séparément.

Meublé, colocation, saisonnier : trois cas qui dérangent la règle

La location meublée en résidence principale

L’obligation d’assurance du locataire s’applique de la même façon qu’en location vide. La différence tient au mobilier fourni par le propriétaire : il appartient au bailleur, mais les dommages qu’un occupant y cause relèvent de sa responsabilité. Un inventaire détaillé annexé au bail vaut mieux qu’une discussion à l’état des lieux de sortie.

La colocation

Un seul contrat d’assurance peut couvrir l’ensemble des colocataires, à condition que tous y soient nommément désignés. C’est le point que les assureurs vérifient en cas de sinistre, et celui que les colocations arrivées en cours d’année oublient le plus souvent de mettre à jour lors d’un changement d’occupant.

La location saisonnière

Elle échappe au régime de la loi de 1989. Les contrats d’habitation classiques excluent en principe la mise en location de courte durée, sauf extension expresse. Côté locataire de vacances, la couverture passe le plus souvent par une garantie villégiature adossée à son propre contrat. Dans les deux sens, c’est un point à faire confirmer par écrit par l’assureur avant la première réservation.

Une dernière vérification avant de signer

Relisez le bail : il précise la nature de l’attestation attendue et la date à laquelle elle doit être fournie chaque année. Et si le départ approche, sachez que la résiliation de l’assurance suit celle du bail, sans se confondre avec elle. Nous avons détaillé ailleurs les étapes d’une résiliation de bail, préavis et état des lieux compris.

Vous mettez un logement en location ?

Un autre membre du collectif a comparé ce que couvre réellement une gestion locative déléguée.

Choisir une agence pour gérer sa location

Publié le 7 septembre 2015. Mis à jour le 20 août 2026.

Sources : loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, articles 7 g et 22-1 ; loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, article 9-1, issu de la loi ALUR du 24 mars 2014 ; service-public.gouv.fr, fiche sur la garantie de responsabilité civile de l’assurance habitation, page mise à jour le 5 décembre 2025 ; décret d’application de 2016 fixant à 10 % la majoration pour frais de gestion de l’assurance souscrite pour le compte du locataire.

Cet article donne une information générale sur les obligations d’assurance en location. Il ne remplace pas la lecture de votre contrat ni l’avis de votre assureur sur une situation particulière.

Articles Associés

Travaux peinture Paris

Maison Repeindre un appartement parisien n'a pas grand-chose à voir avec repeindre un pavillon. Les murs ont parfois cent cinquante ans, les pièces sont petites, l'accès au chantier se négocie avec la copropriété, et les bons artisans sont pris des semaines à...

Que faire si mon portail électrique ne se ferme plus

Maison Le portail s'ouvre sans broncher, la voiture passe, et puis plus rien : il reste grand ouvert sur la rue. C'est une panne qui inquiète plus qu'elle ne devrait, parce qu'elle est asymétrique. Dans la quasi-totalité des cas, ce n'est pas le moteur qui lâche,...

L’entretien du marbre

[Tout savoir sur l'entretien du marbre] Matière noble appréciée dans la décoration et l’architecture, le marbre nécessite un entretien effectué avec soin. C’est à ce prix qu’il conserve sa brillante et offre le meilleur de ses nuances raffinées. Voici dont quelques...

Quelles sont les causes d’une fuite WC ?

Une facture d’eau qui grimpe sans explication, et ce mince filet qui ruisselle en permanence au fond de la cuvette : le diagnostic est presque toujours le même. Selon l’ADEME, une chasse d’eau qui fuit peut gaspiller plus de 600 litres par jour, soit la consommation...

Choisir ses volets

Maison Un voisin a remplacé ses vieux battants bleus par des volets roulants gris anthracite. Beau chantier, poseur sérieux, tout s'est bien passé. Sauf le courrier de la mairie arrivé trois semaines plus tard. Personne ne lui avait dit qu'un changement de couleur...